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Accidents mortels et alcool : des chiffres erronés ?

Alcool au volant

 Il y a quelques jours, nous avons fait un bilan de l’accidentalité routière 2013 avec les chiffres définitifs communiqués par le délégué interministériel à la Sécurité Routière. Officiellement, il y aurait eu une très forte baisse du nombre d’accidents mortels impliquant l’alcool. Une information contestée par l’association 40 millions d’automobilistes.

Pour la Sécurité Routière, la cause principale des accidents mortels l’année dernière était « la vitesse excessive ou inadaptée », qui représente 26 % des cas. Viennent ensuite à égalité avec un taux de 18 % le non-port de la ceinture de sécurité et la conduite sous l’emprise de l’alcool.

Voilà qui constituait un énorme progrès pour cette dernière cause, qui au cours des 20 années précédentes, était la cause numéro 1 pour environ 30 % des accidents mortels. Passer de 30 à 18 %, voilà qui étonne l’association 40 millions d’automobilistes, qui indique qu’aucune campagne de prévention ou mesure spécifique n’a été mise en place au cours de l’année 2013.

L’association a cherché à comprendre et a vite trouvé une explication dans le bilan publié par l’Observatoire national interministériel de la Sécurité Routière : le taux de 18 % correspond à une estimation provisoire avec des données brutes « des remontées rapides », en clair les premiers éléments recueillis par les forces de l’ordre sur les lieux des accidents. L’ONISR indique bien que ces informations préliminaires ne permettent pas d’identifier la cause principale de l’accident dans près de 40 % des cas. La raison est simple : les analyses toxicologiques prennent du temps.

L’association indique qu’en revanche les fichiers BAAC (Bulletin d’Analyse des Accidents Corporels de la circulation) donnent toutes les données nécessaires pour connaître les causes réelles des accidents. Et pour l’année 2013, selon ces fichiers, l’alcool serait en cause dans 29 % des cas ! Il serait donc devant la vitesse. 40 millions d’automobilistes regrette que la Sécurité Routière communique avec des chiffres erronés.

Evidemment, on pense tout de suite que l’Etat préfère s’en prendre en priorité à la vitesse qu’à l’alcool. Il est plus facile et rentable d’installer des radars que de s’attaquer à l’alcool, d’autant qu’en France les lobbys des boissons alcoolisés sont puissants…

Image : F.FERRIERE, droits réservés

Florent Ferrière

Amateur de médias et d'automobiles, je n'ai rien trouvé de plus logique que de croiser les deux pour en faire un métier passionnant. Diffuser l'information a toujours été un plaisir (voire une obsession !), d'autant que tout comme moi, l'actualité auto ne s'arrête jamais. Partagé entre les Landes, terre d'adoption, et le Rhône, terre de cœur, amoureux de la Provence, je n'ai pas peur de prendre souvent le volant pour changer d'air !

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