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Acheter aujourd’hui une Chevrolet, c’est risqué ?

Chevrolet Trax

C’est officiel, Chevrolet va disparaître du marché européen d’ici un an. La marque américaine continue cependant de faire de la pub à la télévision pour écouler son stock. Mais quel va être l’avenir des clients de la firme au noeud-papillon ?

L’annonce par General Motors en décembre dernier de la mise à mort de Chevrolet Europe avait été un choc. Personne ne s’attendait à une telle décision, d’autant plus que la marque se portait très bien sur le Vieux Continent. Trop apparemment, faisant de l’ombre à Opel, qui est dans le rouge depuis de nombreuses années. Pour arrêter ce cannibalisme et éviter une faillite de l’éclair, GM a donc fait le choix de supprimer Chevrolet.

D’un point de vue stratégique, ce n’est pas une si mauvaise idée. Mais on sent une réelle précipitation dans la prise de décision, qui risque de laisser des traces. Cela a dû se faire du jour au lendemain car Chevrolet a poursuivi son développement jusqu’au bout, comme s’il ne savait pas qu’il serait retiré du marché juste après. L’américain avait par exemple lancé le petit SUV Trax il y a quelques mois !

On imagine alors la tête des clients qui ont reçu leur auto neuve à l’automne… et qui apprennent par la suite que la marque s’apprête à disparaître. GM veut être rassurant en précisant que le groupe ne va pas les laisser tomber. La garantie constructeur proposée à l’achat, d’une durée de 3 ans, sera respectée.

En ce qui concerne les pièces détachées, GM s’est engagé à en fournir jusqu’en 2025, de façon directe. Autrement dit, il faudra passer par le réseau Opel et pas par un service extérieur. Pour les éléments communs avec d’autres modèles du groupe, comme la mécanique, aucun souci donc. En revanche, pour les éléments propres aux Chevrolet, comme la carrosserie, on peut avoir des craintes. La fourniture devrait se faire sur stock, quitte à refabriquer de temps en temps… en espérant que les usines qui s’en occupent, bien souvent en Corée du Sud, restent en fonction pour GM.

En ce qui concerne les 175 points de vente et de services, plus de cent ne vont pas bouger car  ils sont déjà communs avec Opel. En revanche, l’avenir est fort incertain pour les revendeurs multi-marques (ils distribueront toujours d’autres modèles, mais vont-ils entretenir les Chevrolet ?) et les concessionnaires exclusifs. Le service après-vente, là encore commun avec la marque au blitz, devrait accepter les prises en charge.

Dans une situation comme celle-là, difficile de dire avec certitude si acheter une Chevrolet est à risques ou non aujourd’hui. Le fait qu’Opel reste présent (et devrait en toute logique se renforcer) et le sérieux de GM sont de bons signes. D’autant que Chevrolet existera toujours dans d’autres régions. Il y aurait donc de bonnes affaires à réaliser en ce moment sur les modèles de stock, même si la marque ne donne aucun chiffre de remise précis. Tout se joue en fonction des concessions. Mais vous serez conscient que vous achèterez une auto quasiment invendable en occasion, ou alors avec une décote très importante.

Et là on repense au client qui a acheté un Trax et a su trois jours après qu’il ne pourra quasiment jamais le revendre. Un sacré préjudice.

Florent Ferrière

Amateur de médias et d'automobiles, je n'ai rien trouvé de plus logique que de croiser les deux pour en faire un métier passionnant. Diffuser l'information a toujours été un plaisir (voire une obsession !), d'autant que tout comme moi, l'actualité auto ne s'arrête jamais. Partagé entre les Landes, terre d'adoption, et le Rhône, terre de cœur, amoureux de la Provence, je n'ai pas peur de prendre souvent le volant pour changer d'air !

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