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Lancia quasiment mort

Lancia Ypsilon S

Honnêtement, l’annonce de la mise à mort de Lancia n’est pas une surprise. Elle était attendue depuis de longs mois, tellement la marque semblait à l’abandon. Sergio Marchionne, le charismatique patron du groupe Fiat, vient d’officialiser le funeste destin de cette marque née en 1906 dans le quotidien La Repubblica.

Chose cruelle, Lancia ne sera pas euthanasié mais va mourir à petit feu. La marque sera retirée de tous les pays d’Europe et ne survivra plus qu’en Italie, où elle réalise il est vrai la très grande majorité de ses ventes (environ 80 %). De l’autre côté des Alpes, seuls les Ypsilon et Delta resteront au catalogue. Mais elles ne seront pas remplacées. Lancia devrait donc définitivement s’éteindre dans deux ou trois années.

Pourtant, on avait cru que la marque aurait un avenir avec le rachat du groupe Chrysler. Le label italien avait fusionné sa gamme avec celle de la firme US. Fiat avait fait vite à l’époque en rebadgant des modèles américains : la 200 devenait Flavia, la 300 devenait Thema. Le Voyager n’avait pas changé de nom. Un grand bricolage qui avait fait bondir les puristes à l’époque mais on nous avait promis rapidement de nouveaux modèles, toujours communs à Lancia et Chrysler, mais avec un style plus galbé, plus latin, qui pouvait séduire des deux côtés de l’Atlantique. D’ailleurs, les premières photos de la toute nouvelle 200 étaient encourageantes.

Mais depuis la fusion avec Chrysler, Marchionne a clairement privilégié des labels au détriment d’autres. L’un des grands gagnants a été Maserati, qui a multiplié les nouveautés (nouvelle Quattroporte, inédite Ghibli). Une très grosse partie des efforts s’est ensuite portée sur Alfa Romeo, qui va faire l’objet d’un nouveau plan de relance en 2014. Il a donc fallu faire des choix d’investissement… et le faible Lancia a trinqué.

Clairement, il y avait une marque de trop dans le groupe Fiat. C’est donc un autre petit constructeur qui aura marqué l’histoire de l’automobile qui va s’éteindre, deux ans après Saab.

Florent Ferrière

Amateur de médias et d'automobiles, je n'ai rien trouvé de plus logique que de croiser les deux pour en faire un métier passionnant. Diffuser l'information a toujours été un plaisir (voire une obsession !), d'autant que tout comme moi, l'actualité auto ne s'arrête jamais. Partagé entre les Landes, terre d'adoption, et le Rhône, terre de cœur, amoureux de la Provence, je n'ai pas peur de prendre souvent le volant pour changer d'air !

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