Le

La radio antiradars qui ne plait pas aux gendarmes

Signaler la présence des radars et des gendarmes présents au bord des routes aiderait-il les cambrioleurs ? C’est le curieux rapprochement que vient de faire le colonel Anne Fougerat, qui commande le groupement de gendarmerie de la Haute-Vienne.

Dans ce département de la région Limousin, Flash FM, une radio indépendante fondée en 2002, a pour spécialité de faire intervenir à l’antenne ses auditeurs lorsque ceux-ci téléphonent dès qu’ils ont croisé des militaires en fonction. Une formule qui marche puisque la station est leader des indépendantes dans la Haute-Vienne.

Mais la pratique dérange. Pour Anne Fougerat, qui s’est confiée à une correspondante de l’AFP, « l’annonce systématique de la présence de militaires sur le terrain sans distinguo entre les opérations de contrôle de la vitesse et les opérations de lutte contre les cambriolages compromettent notre travail et la sécurité des citoyens ».

Pour elle, les cambrioleurs écouteraient donc Flash FM pour ne pas être aux mauvais endroits. Car la station ne parle pas que de la présence des radars. Elle signale aussi les contrôles d’identité et les opérations de fouille des coffres. Les gendarmes auraient été contraints de lever deux importants dispositifs de lutte contre les cambriolages parce que leur position « avait été relevée par des auditeurs ». Le colonel Fougerat a sollicité le procureur de la République de Limoges, qui a écrit à Flash FM.

Evidemment, du côté de la radio, on se défend. Un journaliste de la station, Denis Granger, explique qu’il « n’y a pas de lien entre nos annonces et la recrudescence des effractions ». Il prend en exemple une vague de cambriolages à la Toussaint alors que la station n’a pas communiqué la position des gendarmes à cette période. Pour lui, la radio continuera à donner une info service, qui ne cause de tord à personne.

Mais la radio vient de s’engager à ne plus évoquer les contrôles anti délinquance. Les radars seront toujours signalés. Pour le moment.

Florent Ferrière

Amateur de médias et d'automobiles, je n'ai rien trouvé de plus logique que de croiser les deux pour en faire un métier passionnant. Diffuser l'information a toujours été un plaisir (voire une obsession !), d'autant que tout comme moi, l'actualité auto ne s'arrête jamais. Partagé entre les Landes, terre d'adoption, et le Rhône, terre de cœur, amoureux de la Provence, je n'ai pas peur de prendre souvent le volant pour changer d'air !

Laisser un commentaire